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Désoler

À tous mes proches, mes amis, ma famille, à toi!

Je suis partie, je me trouve à des milliers de kilomètres de vous, pour tenter d’être heureuse, pour tenter de réaliser mes rêves. Je suis désolée de ne pas être celle qui reste, celle qui est là physiquement, celle que vous appelez et qu’immédiatement, elle se trouve avec vous. Je suis désolée pour vous, pour moi! Je suis désolée de ne pas pouvoir vivre et partager vos joies, vos peines. Je suis désolée d’avoir choisi comme amante la planète, de ne pas avoir su rester. J’ai choisi l’amour, j’ai choisi d’être heureuse, un choix qui vient avec de mauvais cotés. Parfois, la solitude s’enroule contre ma poitrine, elle me fait perdre les pieds, me fait perdre la tête et la chute est terrible. La douleur m’envahit et mon esprit ne peut s’empêcher d’avoir mal, mal d’amour, mal de distance, mal tout court. Parmi les photos de rêves, les quelques brides d’anecdote et les souvenirs éphémères partagés sur les réseaux sociaux, la vie n’est pas aussi belle, car parfois vous me manquez à mourir. Je suis désolée de ne pas avoir su être la meilleure amie avec qui tu peux boire le verre du vendredi soir, être la nièce qui est là dans chaque souper de famille, être la fille qui est à vos cotés! Pour chaque coin de rue, chaque sentier, chaque maison visitée, une partie de moi aurait voulu le partager avec chacun d’entre vous, peut-être que ça aurait rendu cette aventure plus facile, plus douce, plus familière.

Je veux que vous me pardonniez d’être à l’autre bout du monde, de ne pas être parmi vous. Par-dessous tout, je veux que vous me pardonniez de ne pas avoir réussi à vous donnez une date de retour… Des questions que l’on me posait, qui étaient beaucoup trop lourdes pour que je puisse répondre… peut-être que je voulais fuir, la vie à Montréal devenait si lourde pour moi, si compliquée, si morose… Je n’ai pas voulu fuir, je n’ai pas voulu abandonner, j’ai simplement voulu m’éloigner, m’éloigner de tout ce grabuge, ce tourbillon d’émotions! Je suis désolée de ne pas avoir été capable de rester debout pour rester parmi vous. J’espère qu’en cours de route je trouverai les mots justes pour vous rassurer, pour vous dire que tout ira bien! Les mots m’ont manqué et ils m’abandonnent encore aujourd’hui pour vous dire à quel point je suis désolée, à quel point je vous aime et à quel point votre présence me manque. Le vide et l’absence des gens que j’aime étaient des facteurs que je n’avais pas calculés dans mon équation. À tous ceux et celles qui sont sur le point de partir, soyez prêts, soyez prêtes à faire face aux plus beaux paysages que vous verrez de votre vie, mais à la plus grande solitude qui existe. Je sortirai grandie de cette aventure et elle m’aura appris tant de choses. Pour toutes les personnes qui tiennent à moi, désolée d’être celle pour qui vous serez toujours inquiets, celle qui ne sera jamais là dans les moments importants. J’abuserai au maximum de la technologie et de tout ce qu’elle peut faire pour me rendre ce sentiment de proximité avec vous.  

À ces personnes qui ont dans leur vie une grande voyageuse, je suis désolée ça fera mal et vous aussi vous aurez besoin de courage. Aimer prend du courage, mais la joie que vous verrez dans ses yeux vaudra tout l’or du monde.

Aurez-vous le courage de pardonner mon absence?

Une dernière fois : désolée!

« Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé. – Alexander McCandless »

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2 commentaires

  1. Pour avoir vécu et pour vivre encore partiellement la même chose que toi, je comprends le but de cet article et le sentiment qui t’habite.
    Toutefois, je n’emploierai pas le mot désolé.
    En principe, tout être devrait être libre de faire des choix dans la vie sans avoir à être désolé pour ses proches.
    Ce qui me dérange dans cet aveu est que d’une certaine façon, le choix « normal » d’une vie serait de devoir vivre en fonction des autres.
    Les êtres qui t’aiment accepteront tes choix.
    Et s’excuser auprès d’eux est compréhensible mais ne devrait pas avoir lieu.
    Bonne continuation

    • Merci pour ce commentaire!
      Effectivement, avec le temps mes proches ont comprit le sentiments qui m’habitait. Entre le temps que je décide de partir et que je parte, je me suis senti comme si je n’étais pas normal et comme si je blessais mes proches, c’est la raison de ce texte. Aujourd’hui, je crois que je dirais plus « Merci, d’être compréhensif ».

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